Congé parental auto-entrepreneur

Congé parental auto-entrepreneur : vos droits et aides en 2026

Après la naissance ou l’adoption d’un enfant, les auto-entrepreneurs ont eux aussi droit à un congé parental d’éducation. Il permet de suspendre ou de réduire son activité pour se consacrer à son enfant. Ce congé n’est pas rémunéré en tant que tel mais plusieurs aides de la CAF peuvent l’accompagner. Voici le guide clair pour comprendre vos droits, démêler les différents dispositifs et connaître les montants à jour en 2026.

À retenir

  • Le congé parental d’éducation permet à l’auto-entrepreneur de suspendre ou réduire son activité après une naissance ou une adoption.
  • Il n’est pas rémunéré, mais la PreParE de la CAF peut atteindre 459,69 € par mois en cas d’arrêt total en 2026.
  • Un congé parental total impose de mettre sa micro-entreprise en sommeil via le Guichet unique, un mois avant le début.
  • Il ne faut pas le confondre avec le congé maternité, le congé paternité et le nouveau congé de naissance, qui obéissent à d’autres règles.
  • Le versement des aides suppose de justifier d’au moins 8 trimestres de cotisations vieillesse.

Le congé parental auto-entrepreneur, c’est quoi ?

Le congé parental d’éducation permet aux travailleurs indépendants en micro-entreprise de faire une pause ou de réduire leur activité après l’arrivée d’un enfant. Vous pouvez opter pour un arrêt total ou pour un temps partiel, en poursuivant votre activité au maximum à 80 %.

Sa durée est d’un an, renouvelable deux fois dans la limite des trois ans de l’enfant. Elle varie toutefois selon le nombre d’enfants : jusqu’à l’entrée à l’école maternelle pour deux enfants et jusqu’à leurs six ans pour trois enfants ou plus. Le congé parental total ne peut cependant pas dépasser deux années consécutives car c’est la durée maximale de mise en sommeil d’une micro-entreprise.

Point important : ce congé n’est pas rémunéré. C’est pourquoi la possibilité de poursuivre partiellement son activité, cumulée aux aides de la CAF, permet de limiter la perte de revenu pendant cette période.

Congé parental, maternité, paternité, naissance : ne pas confondre

C’est le point qui prête le plus à confusion. Quatre dispositifs distincts existent, avec des règles et des financements différents.

Le congé maternité est un arrêt prénatal et postnatal. Il suppose une affiliation à la Sécurité sociale des indépendants depuis au moins 10 mois et un arrêt d’au minimum 8 semaines (2 avant et 6 après l’accouchement). Il donne droit à une allocation forfaitaire de repos maternel et à des indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie.

Le congé paternité dure 25 jours (32 pour une naissance multiple), à prendre dans les 6 mois suivant la naissance, sous réserve d’une affiliation d’au moins 10 mois.

Le congé parental d’éducation est celui qui nous intéresse ici : plus long, non rémunéré, accompagné des aides de la CAF, il vient après le congé maternité ou paternité.

Le nouveau congé de naissance, enfin, entre en vigueur au 1er juillet 2026. Ouvert aux parents d’enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026, il offre à chaque parent un ou deux mois de congé supplémentaire, à prendre après le congé maternité ou paternité. Contrairement au congé parental, il est indemnisé : environ 70 % du revenu le premier mois et 60 % le second, plafonné au montant de la Sécurité sociale. Pour les indépendants, cette indemnisation prend la forme d’une indemnité journalière forfaitaire alignée sur celle du congé maternité ou paternité.

Comment demander un congé parental auto-entrepreneur ?

Si vous optez pour un congé parental total, vous devez mettre votre micro-entreprise en sommeil. Il s’agit d’une suspension temporaire d’activité et non d’une radiation : vous pourrez reprendre votre activité quand vous le souhaiterez.

Cette démarche s’effectue via le Guichet unique de l’INPI, au moins un mois avant le début du congé. Concrètement, vous remplissez le formulaire Cerfa P2-P4 de cessation temporaire d’activité et précisez dans la rubrique « informations complémentaires » qu’il s’agit d’un congé parental. Pendant toute la durée de la mise en sommeil, vous n’avez plus à déclarer votre chiffre d’affaires à l’URSSAF.

Deux limites à connaître : la mise en sommeil est limitée à deux ans (au-delà, la micro-entreprise doit être réactivée ou radiée) et elle est impossible si vous employez des stagiaires ou des alternants. À l’inverse, un congé parental à temps partiel vous permet de poursuivre votre activité à mi-temps sans mise en sommeil.

Quelles aides pendant le congé parental ?

Le congé parental n’étant pas rémunéré, la CAF propose plusieurs aides regroupées sous la Prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE).

Les conditions à remplir

Pour percevoir ces aides, vous devez justifier d’au moins 8 trimestres de cotisations vieillesse sur une période qui dépend du nombre d’enfants : les 2 dernières années pour un premier enfant, les 4 dernières pour deux enfants, les 5 dernières pour trois enfants ou plus. Les prestations sont versées à taux plein en cas de cessation complète d’activité ou à taux partiel si votre temps de travail reste inférieur ou égal à 80 %.

Les montants de la PreParE et de la PAJE en 2026

La prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) est l’aide phare du congé parental. Ses montants mensuels en 2026 sont les suivants :

  • 459,69 € en cas de cessation totale d’activité
  • 297,17 € pour un temps de travail inférieur ou égal à 50 %
  • 171,40 € pour un temps de travail compris entre 50 % et 80 %

Pour les familles de trois enfants ou plus, une PreParE majorée peut être versée, d’un montant de 725,58 € par mois, sur une durée plus courte. À noter : au sein d’un couple, les deux parents peuvent demander la PreParE, sans que le total dépasse le montant maximal.

En parallèle, la PAJE comprend d’autres aides. La prime à la naissance s’élève à 1 093,08 €, versée au 7e mois de grossesse sous conditions de ressources. L’allocation de base atteint 198,16 € par mois à taux plein (99,08 € à taux partiel). S’y ajoute, le cas échéant, le complément de libre choix du mode de garde (CMG) si vous faites garder votre enfant.

Attention : la PreParE ne se cumule pas avec le CMG, les indemnités de congé maternité ou paternité, les allocations chômage ou le complément familial. Le simulateur officiel de la CAF permet d’estimer précisément vos droits selon votre situation.

Les démarches pour percevoir les aides

Pour bénéficier de la PreParE, remplissez le formulaire Cerfa n° 11 423 pour déclarer votre situation et le Cerfa n° 12 324 pour demander les allocations. Si vous percevez déjà des prestations de la CAF, il suffit de mettre à jour votre situation en ligne et d’envoyer le Cerfa n° 12 324.

Congé parental et retraite

Le congé parental a un effet sur vos droits à la retraite. Pris à temps plein, il peut être pris en compte et vous permettre d’obtenir jusqu’à quatre trimestres assimilés d’assurance retraite. Pris à temps partiel, en revanche, il ne génère pas de trimestre supplémentaire : seule votre activité professionnelle continue de cotiser.

À retenir

  • Le congé parental auto-entrepreneur permet un arrêt total (avec mise en sommeil) ou un temps partiel jusqu’à 80 % d’activité.
  • La PreParE 2026 va de 171,40 € à 459,69 € par mois selon votre degré d’activité, et jusqu’à 725,58 € pour les familles nombreuses.
  • La mise en sommeil se déclare via le Guichet unique de l’INPI, un mois avant le congé, dans la limite de deux ans.
  • Le nouveau congé de naissance, dès juillet 2026, offre une indemnisation plus généreuse mais plus courte que le congé parental.
  • Vérifiez toujours vos droits avec le simulateur de la CAF, car les montants sont revalorisés chaque année au 1er avril.

Crédit photo : ©Pixabay