Le syndrome du bébé secoué : le prévenir pour éviter le pire !

Le syndrome du bébé secoué : le prévenir pour éviter le pire !

Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler du Syndrome du Bébé Secoué (S.B.S). Et pour cause, celui-ci est encore mal connu du grand public et des professionnels de la petite enfance. De plus, le diagnostic reste encore complexe à poser pour les pédiatres, même si la HAS (Haute Autorité de Santé) a renouvelé en 2017 ses précédentes recommandations de 2011 sur le diagnostic du S.B.S. 

Sensibles au bien-être des bébés et de leurs parents, nous avons souhaité vous apporter des éléments de réponse sur ce syndrome aux conséquences dramatiques. Des moyens pour le prévenir existent et sont à la portée de chacun·e d’entre nous, pour que le pire ne se produise pas.

Le syndrome du bébé secoué : de quoi s’agit-il ? 

Depuis 2018, vous pouvez trouver dans le carnet de santé de votre petit trésor un court encadré concernant les pleurs de bébé qui peuvent rapidement déconcerter, exaspérer : “Secouer un bébé peut le laisser handicapé à vie. En cas d’exaspération : couchez votre bébé dans son lit (sur le dos), quittez la pièce et demandez l’aide d’un proche (famille, ami, voisin…) ou d’un professionnel.” 

Secouer un bébé ? C’est-à-dire ? 

Le syndrome du bébé secoué ou S.B.S désigne l’ensemble des traumatismes causés par le secouement du bébé. Celui-ci est généralement maintenu par le thorax et sous les aisselles par un adulte. Ce dernier va venir secouer le bébé dont la tête, encore lourde et très volumineuse par rapport au reste de son corps, va se balancer d’avant en arrière. Les muscles du cou et de la nuque sont encore trop faibles pour retenir sa tête. De plus, le cerveau de bébé n’est pas encore fixé. Il va donc venir cogner contre la boîte crânienne ; les fines veines au sommet du crâne peuvent alors se rompre. Ce mouvement violent de balancier peut causer des séquelles gravissimes (troubles cognitifs et psychomoteurs, troubles de l’apprentissage et du comportement, etc.) et même entraîner la mort.

En aucun cas, le syndrome du bébé secoué est un accident ! Il s’agit d’un TNA : Traumatisme Non Accidentel. Secouer un tout-petit est un geste volontaire et violent qui cause de graves lésions cérébrales, voire des fractures et des ecchymoses. Les conséquences d’un S.B.S sont tout à fait différentes d’un accident, comme le fait de tomber d’une table à langer par exemple. En effet, dans ce cas, le bébé n’a en général pas ou peu de séquelles. Il aura très souvent un hématome localisé, mais pas de traumatisme, ce qui n’est pas du tout le cas pour le S.B.S qui représente un traumatisme crânien sévère.

Qui sont les victimes d’un S.B.S ?

Soyons clairs, absolument tous les bébés peuvent devenir des bébés secoués. Chaque année, on dénombre plusieurs centaines de victimes du S.B.S dont la plupart sont des petits garçons. Parmi les bébés qui subissent cette maltraitance, 20 % ne se réveillent malheureusement jamais.

Les enfants de moins d’un an et plus particulièrement les nourrissons de moins de 8 mois sont les plus touchés de par leur physiologie et de leurs particularités : des pleurs fréquents et qui peuvent durer plusieurs heures (parfois près de 2 heures par jour), une tête lourde et très fragile, un grand besoin de sécurité affective… Mais on retrouve des cas de S.B.S également chez des enfants plus grands (jusqu’à 4 ans). 

Les symptômes sont très variés et parfois difficiles à identifier. Certains peuvent cependant alerter tels que : 

  • des vomissements ; 
  • une forte pâleur ;
  • l’errance du regard ;
  • des troubles du comportement ou du sommeil ;
  • une régression psychomotrice ;
  • un malaise ou une perte de conscience ;
  • une augmentation du périmètre crânien ou la fontanelle bombée…

Quant aux auteurs de cette maltraitance, ils peuvent être n’importe qui : le papa, la maman, la nounou, le papi, etc. En fait, toute personne qui a en charge un petit enfant peut causer un S.B.S en le secouant. 

Comment est-ce possible et simplement pensable ? Souvent, la fatigue intense des premiers mois peut exténuer et irriter plus facilement le parent. Les cris et les pleurs de l’enfant deviennent alors insupportables, tant et si bien que la personne responsable de l’enfant n’en peut plus et commet l’impensable en le secouant dans l’idée de le “calmer”. Tout le monde peut être concerné ! D’où l’importance de la prévention. Au regard de la loi, cette violence infantile est passible de plusieurs années d’emprisonnement.

Prévenir le syndrome du bébé secoué : comment faire pour protéger bébé ?

Un adulte de plus informé sur le syndrome du bébé secoué est un pas de gagné vers la prévention. Il est donc primordial de communiquer sur cet acte de maltraitance autour de vous et en particulier auprès des personnes qui sont amenées à s’occuper de votre tout-petit :

  • la crèche ;
  • la RAM (Relais des Assistantes Maternelles) ;
  • la MAM (Maison des Assistantes Maternelles) ;
  • l’assistante maternelle ;
  • les grands-parents ;
  • les proches…

Si vous êtes enceinte ou que vous allez devenir papa, n’hésitez pas à aborder le sujet lors des séances de préparation à la naissance et à la parentalité et posez toutes vos questions ! De cette manière, vous permettrez aux autres futurs parents présents d’être eux aussi informés sur le S.B.S.

Conseils et gestes de prévention : 

  • Si vous ne supportez plus les pleurs de votre bébé, posez-le doucement sur le dos dans son lit, puis quittez la pièce. Vous pourrez ainsi reprendre plus facilement vos esprits et votre calme (allez sur le balcon, ouvrez une fenêtre pour respirer profondément, écoutez de la musique dans un casque…). Revenez voir bébé après quelques minutes quand vous vous sentez plus serein.e ;
  • Si cela est possible, passez le relais à votre conjoint.e ou à un proche de confiance ;
  • Portez toujours un nourrisson en lui tenant la tête ;
  • Quand vous avez un bébé qui pleure dans vos bras, bercez-le tranquillement ;
  • Dormez dès que vous le pouvez. Le manque de sommeil influe sur le comportement et l’humeur de l’adulte ;
  • Confiez vos difficultés à votre médecin, pédiatre, sage-femme ou à la PMI. Ces professionnels sont à votre écoute et vous aideront à trouver des solutions ;
  • Enfin, appelez le 119 si vous pensez qu’un bébé est en danger.

L’info culottée : 
Jouer n’est pas secouer ! Le jeu est indispensable pour l’enfant, il est à adapter selon son âge. Aussi, jouer à l’avion avec son bébé ou faire “à dada” sur les genoux n’est pas secouer ! 


Pour en savoir plus sur le S.B.S, nous vous invitons à consulter le site de l’association Stop Bébé Secoué qui agit pour informer et prévenir le Syndrome du Bébé Secoué auprès des particuliers, professionnels de la petite enfance et assimilés sur l’ensemble du territoire français.

sources : le site de la HAS : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3136556/fr/la-has-reaffirme-l-importance-de-sa-recommandation-sur-le-diagnostic-de-syndrome-du-bebe-secoue et le site de l’association Stop bébé Sécoué