Comment Gérer l’Angoisse de la Séparation avec votre Bébé ?

Comment Gérer l’Angoisse de la Séparation avec votre Bébé ?

Jusqu’à présent, votre petit trésor menait une douce et paisible existence. À la vue d’une nouveauté, d’un visage encore inconnu, il s’extasiait et offrait son plus beau sourire. Oui, mais voilà ! Depuis quelques semaines, bébé pleure lorsqu’il ne vous voit pas, ne quitte plus vos bras et ne supporte pas d’être éloigné de vous trop longtemps. Il y a fort à parier que votre Petit Culotté adoré soit en train de vivre l’angoisse de la séparation ! Qu’en est-il exactement ? À quel âge bébé traverse-t-il cette étape de la vie ? Comment réagir ? Faisons le point sur cette période sensible, qui avouons-le, n’est pas toujours facile à expérimenter ni pour lui ni pour vous… 

L’angoisse de la séparation chez bébé : kézako ?

La notion du temps qui passe et la permanence des objets ou individus sont des concepts encore bien flous pour le tout-petit. Celui-ci peut donc exprimer un stress, une inquiétude visible lorsque vous le faites garder par une tierce personne ou quand il rencontre des visages peu ou pas familiers.

Cette période délicate, mais parfaitement normale chez le bébé a été mise en exergue à la fin des années 60 par le psychanalyste américain René Spitz*. Aussi nommée la crise des 8 mois, l’angoisse de séparation se manifeste en général entre 6 et 9 mois. À cet âge, bébé prend peu à peu conscience du monde qui l’entoure. Les personnes ou lieux qu’il ne connaît pas peuvent, dès lors, commencer à l’inquiéter.

Plus qu’une véritable angoisse, c’est la crainte de ne plus voir son parent, de le voir disparaître pour toujours et d’être alors abandonné qui apparaît. Imaginez, un vrai scénario catastrophe pour lui ! Durant cette phase, les moments de séparation avec le parent référent (souvent, celui avec lequel il passe le plus de temps) peuvent être particulièrement compliqués à vivre pour le tout petit (et ses parents). 

Cependant, sachez qu’il n’y a rien d’alarmant. Il s’agit seulement d’une étape clé dans le développement affectif et cognitif de l’enfant. Eh oui ! grandir réserve son lot de surprises et n’est pas toujours un long fleuve tranquille… Mais rassurez-vous. Au fil des semaines et des mois, ce sentiment d’abandon s’estompera pour laisser place à davantage d’aisance, d’assurance et de sérénité ! 

Comment reconnaître la peur de l’abandon chez le tout-petit ?

Il s’agit d’une « manifestation psychologique anxieuse normale »* chez le bébé, qui peut notamment se traduire par :

  • des pleurs importants lorsqu’il est confié à une personne qu’il connaît peu ou pas encore ;  
  • un comportement de réserve en présence d’inconnus ou de personnes qui ne font pas partie de sa sphère de référence (parents, frère ou soeur…) ; 
  • des réveils nocturnes et un sommeil agité ;
  • un endormissement plus long et parfois compliqué s’il n’est pas accompagné par le parent référent…

L’info culottée :
Notez que tous les enfants ne traduisent pas leur
anxiété et leur ressenti de la même manière et intensité. Par conséquent, certains l’exprimeront haut et fort quand d’autres se feront bien plus discrets. Là encore, chaque bébé est différent !


Nos conseils pour accompagner au mieux votre bébé

Voici quelques idées pratiques pour aider votre bout de chou à traverser cette phase parfois éprouvante :

1. Proposer un doudou salvateur

S’il y a bien un objet à ne pas oublier lorsque vous vous absentez, c’est le doudou de votre enfant. Ce dernier offre une transition toute douce à bébé, le rassure et calme ses émotions vives. Parfois, un simple câlin à doudou suffit pour aller mieux et s’apaiser ! La petite astuce en plus : accrochez-y un foulard ou un bracelet en tissu imprégné de l’odeur du papa ou de la maman ;

2. Adopter un comportement positif et compréhensif

Une attitude bienveillante et empathique participera à amoindrir son angoisse de la séparation. Votre soutien et votre réconfort aideront votre enfant à prendre confiance en lui et à traverser cette période avec plus de douceur ;

3. Favoriser le lien social

Invitez votre bout de chou à rencontrer, à entrer en contact et à jouer avec d’autres enfants de son âge pour faciliter les échanges et réduire sa peur de l’inconnu ;

4. Éviter de partir en catimini

Dites clairement au revoir à votre enfant, sans vous éclipser pour ne pas l’inquiéter davantage. Expliquez-lui calmement les raisons de votre absence et pourquoi vous le confiez à une tierce personne. Précisez-lui le moment où vous reviendrez le chercher. Si vous êtes souriant et serein lors de votre départ, vous envoyez de « bonnes ondes » à votre enfant : « tout va bien, tu es en sécurité ».

5. Jouer à Caché-Coucou 

C’est un jeu qui fait beaucoup rire les bébés ! Mettez vos mains devant votre visage ou cachez-vous derrière un rideau ou sous un drap par exemple ; puis dites « Caché ». Réapparaissez quelques secondes plus tard en proclamant « Coucou ! » En plus d’être très rigolo pour les tout-petits, ce jeu leur démontre par l’expérience que le parent même « absent » n’est jamais bien loin et qu’il revient à chaque fois.

Bébé est dans sa chambre, en sécurité ? Rendez-vous dans la vôtre (si celle-ci est à proximité immédiate) et indiquez à votre enfant où vous vous trouvez à voix haute, sans vous montrer. Il vous cherchera sûrement et aura le plaisir de vous découvrir (après avoir rampé quelques mètres !). Ouf, vous êtes bien là !

6. Poursuivre vos activités

Le soir ou pendant la sieste, continuez de faire du bruit pour rassurer bébé : rangez la vaisselle, discutez avec votre conjoint·e, fermez les portes, lancez une lessive… tous ces bruits du quotidien et connus apaiseront l’enfant qui comprendra alors que vous êtes toujours présent, même si vous êtes dans une autre pièce et qu’il ne vous voit pas.

7. Instaurer des repères spatio-temporels 

Indiquez-lui quand et où se feront les choses : « après le biberon du goûter, maman viendra te chercher ; après la sieste, papa te récupère à la crèche et te ramène à la maison », etc. Les repères et les rituels sont toujours rassurants pour l’enfant. Précisez également les activités qu’il va faire dans la journée : « pendant que je suis au travail, tu vas faire… avec Nounou et les autres enfants ! ». Pensez aussi aux livres illustrés pour les bébés afin de l’aider à mieux appréhender son quotidien. 

8. Procéder par étapes

Restez avec votre bébé lors des premières fois chez sa nounou ou à la crèche. Il pourra ainsi se familiariser en douceur à son nouvel univers et trouver ses marques, sans stress. C’est ce que l’on appelle la période d’adaptation
Il refuse d’aller dans les bras de sa super tata Sarah et se met à pleurer à chaudes larmes ? Dans ce cas, ne le forcez pas, réconfortez-le et consolez-le (n’oubliez pas aussi de lui préciser que sa tata est vraiment super sympa !). Quant à tata Sarah, qu’elle ne le prenne pas mal, ce sera peut-être pour la prochaine fois !

Angoisse de la séparation : après la tempête, le beau temps !

Cette étape est souvent appréhendée par les parents. Et c’est bien légitime ! Mais faites confiance en votre enfant, il possède toutes les ressources pour franchir cet obstacle avec succès. À vous de l’accompagner au mieux, avec assurance et bienveillance. Votre soutien, votre compréhension et votre réconfort seront de puissants alliés pour lui permettre d’avancer sans trop d’encombres. Enfin, si vous avez des doutes sur son changement de comportement ou si cette situation vous épuise (notamment en cas de pleurs et crises nocturnes), n’hésitez pas à demander conseil auprès de votre pédiatre ou de votre PMI. 

*https://www.cairn.info/revue-devenir-2011-1-page-7.htm#:~:text=Apr%C3%A8s%20avoir%20fait%20l’objet,depuis%20un%20int%C3%A9r%C3%AAt%20scientifique%20significatif.