Accouchement sans péridurale : bien s’y préparer

Accouchement sans péridurale : bien s’y préparer

Contrairement à d’autres pays d’Europe comme le Danemark ou les Pays-Bas, l’accouchement sans péridurale n’est pas monnaie courante en France. En effet, chez nous, 82 % des accouchements par voie basse se font sous péridurale*. Cependant, cette tendance commence à évoluer : besoin de se reconnecter à soi et à ses instincts primaires, avoir la fierté de mettre au monde son enfant sans anesthésie, mieux récupérer… 
Même s’il n’existe pas d’accompagnement particulier ou médical pour l’accouchement « naturel », il est nécessaire de bien s’y préparer physiquement et mentalement.

Faire le choix d’un accouchement sans péridurale 

– Reprendre le contrôle de son accouchement

Il existe différentes raisons qui motivent les futures mamans à accoucher sans péridurale. La première d’entre elles peut être de vouloir reprendre les rênes. En faisant ce choix, vous pouvez le jour J :

  • mieux gérer la douleur ;
  • anticiper les contractions ;
  • guider la sage-femme ;
  • vous reconnecter à vos sensations ;
  • choisir les positions qui vous conviennent.

Le bassin et le bas du corps ne sont pas engourdis par l’anesthésie. À vous la liberté de mouvement ! De cette manière, vous sentez venir les contractions, adaptez votre comportement ainsi que votre respiration. Vous savez quand vous devez pousser ou quand cela n’est pas nécessaire. Connaître le niveau de dilatation ne sera pas forcément d’une grande aide, mais plutôt un stress. 
Au moment de donner naissance à votre enfant, vous vivez à 100 % votre accouchement. Votre corps sait quoi faire et votre bébé aussi. Le soutien du papa, d’un proche et de l’équipe médicale dans votre démarche sera indispensable pour que votre souhait d’accoucher sans péridurale puisse se réaliser.


L’info culottée
Il ne faut pas oublier que ce choix sera écarté dans le cas d’une césarienne programmée ou d’urgence, ou si la santé de la maman ou du bébé est en jeu.


– Rester mobile pour accompagner la descente du bébé

Bouger aide à accompagner la descente de bébé. Attentive à vos sensations, l’instinct reprend le dessus. Vous êtes ainsi libre de vous mouvoir comme bon vous semble : 

  • faire des mouvements du bassin sur un ballon de grossesse ;
  • marcher dans les couloirs ;
  • vous suspendre à des sangles ;
  • profiter d’un bain chaud ;
  • lever les jambes en l’air ou s’accroupir ;
  • danser sur de la musique…

Les équipements fournis sur place dépendent de votre maternité ou maison de naissance. Vérifiez que le lieu choisi dispose d’un matériel adéquat. Cependant, les établissements proposant des salles « nature » ou « physio » offrent tout ce qui est nécessaire pour que vous vous sentiez parfaitement à l’aise. Les sangles sont un vrai plus : lorsque vous êtes en suspension, les douleurs dues aux contractions utérines peuvent être plus faciles à gérer.


L’astuce culottée :
On en parle du ballon ? C’est un indispensable de la grossesse, tant il est pratique et fonctionnel ! Par exemple, asseyez-vous dessus le jour de l’accouchement, faites des mouvements circulaires avec le bassin, d’avant en arrière et sur les côtés. Le but ? Faciliter l’ouverture du bassin afin de bien accueillir bébé et vous soulager des tensions et douleurs.


– Éviter l’injection d’un anesthésique local

Ce que certaines redoutent le plus avec la péridurale, c’est l’aiguille ! Il faut dire que ce n’est pas rien : elle ne mesure pas moins de 8 cm ! Même si cet acte, réalisé avec précaution par un anesthésiste, comporte très peu de risques, on peut comprendre que ce ne soit pas très rassurant à première vue. 

Au-delà de la taille de l’aiguille, vous ne souhaitez peut-être tout simplement pas qu’on vous injecte un médicament anesthésiant dans le corps pendant l’accouchement ! Sachez néanmoins que le produit utilisé n’est dangereux ni pour vous ni pour le bébé.

– Être plus vite d’aplomb ! 

Ne pas vouloir de péridurale peut aussi être motivé par une meilleure récupération.. Une fois l’accouchement passé, vous ne subissez pas les effets encore présents de l’anesthésique comme l’engourdissement de vos jambes et de votre bassin. Vous pouvez ainsi vous mettre debout ou même prendre une douche à votre guise. Joie ! Et pour votre allaitement, ce n’est que du plus : comme votre bébé et vous êtes en forme, la mise en route est d’autant plus aisée. 

Par conséquent, si bébé et maman vont bien, le retour dans le « Home, sweet Home » est en général plus rapide. 

– Bien choisir sa maternité

Ça y est, vous êtes décidée, ce sera sans péri ? Comme nous le disions plus haut, pour bénéficier d’un accouchement sans péridurale, il est indispensable de bien vous renseigner sur le lieu de naissance. Sur internet ou auprès de votre commune, informez-vous sur les établissements qui réalisent des accouchements dits « physiologiques ». Hôpital, maternité ou encore maison de naissance, c’est votre choix. 

En France, on trouve de plus en plus de salles de naissances dédiées aux accouchements dits « naturels » , où vous pouvez profiter de tous les équipements mis à disposition (baignoire, banquette, lumière tamisée, sangles de suspension, ballons de grossesse…).

Dans tous les cas, parlez ! Communiquez votre projet de naissance auprès de l’équipe médicale et choisissez votre sage-femme avec soin. La confiance doit être au rendez-vous. Le dialogue est primordial pour être certaine que votre souhait sera soutenu et défendu, le jour J et tout au long de la grossesse.

Accouchement sans péridurale : trouver la bonne méthode pour s’y préparer

Avant tout, sachez qu’il n’existe pas de préparation à la naissance et à la parentalité particulière pour l’accouchement dit « physiologique ». Mais ce n’est pas pour autant que vous ne pouvez pas vous y préparer ! En plus de l’ostéopathie qui peut vous aider à mieux vivre la grossesse, nous vous donnons quelques idées :

  • la sophrologie : cette technique de relaxation peut être bénéfique pour les futures mamans. D’ailleurs, il existe des séances de sophrologie prénatale. Un must pour apprendre à bien respirer, se détendre et travailler le lâcher-prise à travers la visualisation positive. Des notions qui vous seront sacrément utiles le jour de l’accouchement ! En effet, une bonne respiration effectuée au bon moment permettra d’être plus efficace et de mieux contrôler les douleurs ;
  • l’haptonomie : cette technique consiste à établir une communication avec le foetus par le toucher à travers le ventre de la mère . De cette manière, vous créez un lien avec votre bébé. Au moment d’accoucher, vous serez ainsi plus attentive au comportement de votre bébé et accompagnerez son arrivée avec plus de facilité ;
  • votre sage-femme : après avoir discuté avec elle de votre projet de naissance et de votre souhait, elle pourra vous conseiller sur les différentes positions possibles pour accoucher et vous aider à trouver celle qui vous convient le mieux. Elle vous donnera aussi des conseils pour une bonne poussée ;
  • l’acupuncture : cette technique, qui consiste en l’introduction d’aiguilles très fines en des points précis des tissus, peut participer à bien préparer le col de l’utérus. Elle agit sur la détente musculaire, avant et même pendant le travail pour vous accompagner dans la gestion des douleurs. ;
  • l’hypnose : on le sait moins, mais il est tout à fait possible d’utiliser l’hypnose pour vous préparer à l’accouchement sans péridurale et le jour J. Elle permet de réduire le stress et les pensées négatives ;
  • le yoga prénatal De Gasquet : la méthode du Dr De Gasquet offre aux futures mamans la possibilité de mieux ressentir son corps. Les exercices proposés vous donneront les clés pour être « actrice » de votre accouchement. Par la suite, ceux-ci pourront être réalisés pendant le travail, par exemple. Sa méthode basée sur la respiration profonde vise également à préserver le périnée. Son livre est d’ailleurs un très bon outil (à vous faire offrir par le futur papa !).

Savoir dire stop

Souhaiter accoucher sans péridurale ne signifie pas que vous ne pourrez pas en bénéficier au besoin. C’est pourquoi il est indispensable d’effectuer le rendez-vous préalable avec l’anesthésiste pendant votre grossesse.

Selon la durée de votre travail et les douleurs vécues, vous changerez peut-être d’avis. Et c’est OK ! Si votre col n’est pas complètement dilaté, il est possible de poser la péridurale à tout moment, notamment pour les raisons suivantes : 

  • le travail dure depuis trop longtemps, vous êtes à bout de forces ;
  • la poche des eaux n’est pas encore rompue ;
  • les contractions viennent du bas du dos — « contractions dans les reins » — et sont extrêmement violentes…

* Selon l’Enquête Nationale Périnatale de l’Inserm menée en 2016 (Rapport Octobre 2017)